Tribunal arbitral du sport (TAS) : rôle, compétence et recours

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Un athlète suspendu pour dopage, un club exclu d’une coupe d’Europe, un sportif privé de Jeux olympiques : dans toutes ces situations, un nom revient systématiquement, celui du Tribunal arbitral du sport, plus connu sous son abréviation TAS.

Souvent cité dans les médias, rarement expliqué, le TAS de Lausanne joue pourtant un rôle décisif dans la carrière des sportifs et la vie des clubs.

Qu’est-ce que le Tribunal arbitral du sport ? Dans quels cas peut-on le saisir ? Peut-on contester sa décision ?

Qu’est-ce que le Tribunal arbitral du sport (TAS) ?

Le Tribunal arbitral du sport est souvent présenté comme la « Cour suprême du sport mondial ». Cette image est parlante, mais juridiquement inexacte : le TAS n’est pas un tribunal d’État.

C’est une institution d’arbitrage.

Concrètement, cela signifie que des arbitres sélectionnés au sein de la liste officielle du TAS y tranchent les litiges.

Le Conseil International de l’Arbitrage en matière de Sport (CIAS) établit cette liste.

Elle est composée de plusieurs centaines de juristes spécialisés en droit du sport, venus du monde entier. Cette spécialisation garantit que ceux qui jugent connaissent parfaitement les règles et la réalité du milieu sportif.

Le TAS a son siège à Lausanne, en Suisse.

Conséquence importante : toutes ses décisions, appelées « sentences », relèvent du droit suisse, même lorsque l’audience se tient dans un autre pays.

Pourquoi le TAS peut-il juger un sportif ?

Parce qu’un arbitrage n’est possible que si les parties l’ont accepté. En pratique, cet accord figure dans les statuts des fédérations internationales (FIFA, UEFA, IHF, EHF…), qui prévoient que leurs décisions ne peuvent être contestées que devant le TAS.

Le joueur ou le club qui participe à leurs compétitions est réputé avoir accepté ces règles, et donc la compétence du TAS.

Pourquoi le sport a-t-il besoin de sa propre justice internationale ?

Le sport vit au rythme de son calendrier. Une suspension décidée six mois après les faits n’a plus aucun sens : la saison est terminée, le joueur a changé de club, le classement est figé.

La justice sportive répond à ce besoin grâce à trois atouts :

  • La rapidité : le TAS tranche les litiges en quelques jours ou quelques semaines, parfois en quelques heures.
  • La spécialisation : les arbitres connaissent les règles de chaque discipline et les réalités du terrain.
  • L’uniformité : une même faute est jugée de la même façon, quel que soit le pays du sportif.

Ce dernier point est essentiel au niveau international. Les fédérations internationales, comme la FIFA à Zurich ou l’UEFA à Nyon, sont des associations de droit privé suisse. Sans le TAS, un footballeur français et un footballeur brésilien sanctionnés par la FIFA pour les mêmes faits pourraient saisir les tribunaux de leur pays respectif et obtenir des décisions contradictoires.

Le TAS garantit une réponse unique, applicable partout.

Dans quels cas peut-on saisir le TAS ?

Le TAS intervient dès qu’un litige sportif présente une dimension internationale : un joueur face à la FIFA, un club face à l’UEFA, deux clubs de pays différents… Les sportifs et les clubs peuvent le saisir dans quatre grandes situations.

1 – Contester une sanction d’une fédération internationale

C’est son activité principale. Le sportif ou le club peut contester devant le TAS une sanction prononcée par la FIFA, l’UEFA ou toute autre fédération internationale, à condition d’avoir d’abord épuisé les recours internes à cette fédération (par exemple, la commission de recours de la FIFA ou l’instance d’appel de l’UEFA).

2 – Les affaires de dopage des sportifs de niveau international

Lorsque l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sanctionne un sportif de niveau international, le recours est porté devant le TAS et non devant le Conseil d’État (article L. 232-24-2 du Code du sport).

L’Agence mondiale antidopage et les fédérations internationales peuvent elles aussi contester une décision nationale devant le TAS.

3 – Les litiges pendant les grandes compétitions

Lors des Jeux olympiques, et parfois des championnats du monde ou d’Europe, le TAS installe des chambres dites « ad hoc » directement sur place.

Elles tranchent en 24 heures les litiges de sélection, de qualification ou de disqualification, afin que le sportif puisse, le cas échéant, concourir.

4 – Les litiges contractuels

Le TAS peut enfin juger en premier ressort des litiges nés d’un contrat, dès lors que ce contrat contient une clause désignant le TAS : contrat de transfert international, contrat de sponsoring, contrat entre un club et un joueur.

On parle alors de « procédure ordinaire ».

Quand le TAS n’est-il pas compétent ?

Un litige purement français reste, en principe, devant les juridictions françaises.

Prenons l’exemple d’un footballeur suspendu par la commission de discipline de sa ligue dans un championnat national. Il ne pourra pas saisir le TAS. Il devra suivre le circuit français :

  1. faire appel devant l’instance d’appel de sa fédération ;
  2. saisir obligatoirement le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pour une conciliation, dans les quinze jours ;
  3. en cas d’échec, contester la sanction devant le juge administratif.

En revanche, si ce même joueur est sanctionné lors d’une compétition européenne, sa contestation se jouera non plus en France, mais devant le Tribunal arbitral du sport à Lausanne.

De même, les blessures, les infractions pénales ou les litiges liés au contrat de travail d’un sportif professionnel relèvent des juridictions françaises de droit commun (tribunal judiciaire, tribunal correctionnel, conseil de prud’hommes).

Comment saisir le TAS et comment se déroule la procédure ?

Un délai très court : 21 jours. En appel, le sportif ou le club doit saisir le TAS dans les 21 jours suivant la notification de la décision contestée, sauf si les règlements de la fédération concernée prévoient un autre délai (article R49 du Code de l’arbitrage en matière de sport). Passé ce délai, la décision devient en principe définitive : il est donc essentiel de réagir immédiatement.

Le choix des arbitres. Chaque partie désigne en principe un arbitre sur la liste du TAS ; l’affaire est ensuite jugée par une « formation arbitrale », composée d’un ou de trois arbitres.

Une procédure écrite puis orale. Les parties échangent leurs arguments et leurs preuves par écrit, puis une audience permet d’entendre les parties, les témoins et les experts.

La sentence. La formation rend ensuite une décision motivée, qui s’impose aux parties et aux fédérations concernées.

La procédure se déroule le plus souvent en anglais ou en français, qui figurent parmi les langues de travail du TAS. Compte tenu des enjeux et de la technicité des règles, l’assistance d’un avocat maîtrisant le droit du sport est vivement recommandée.

Peut-on contester une décision du TAS ?

Oui, mais les possibilités sont très limitées.

Le recours devant le Tribunal fédéral suisse

Le TAS siégeant à Lausanne, ses sentences ne peuvent être contestées que devant le Tribunal fédéral suisse, dans un délai de 30 jours à compter de la notification de la sentence motivée.

Attention : le Tribunal fédéral ne rejuge pas l’affaire. Il ne vérifie pas si le TAS a « bien jugé », mais seulement si la procédure a été régulière. Les motifs de recours sont limitativement énumérés par l’article 190 de la loi suisse sur le droit international privé (LDIP) :

  • la formation arbitrale a été irrégulièrement composée, par exemple en raison d’un arbitre partial ;
  • le TAS s’est déclaré à tort compétent ou incompétent ;
  • le TAS a statué au-delà de ce qui lui était demandé, ou a omis de répondre à une demande ;
  • l’égalité des parties ou le droit d’être entendu n’a pas été respecté ;
  • la sentence est contraire à l’ordre public.

Si le recours aboutit, la sentence est annulée et l’affaire renvoyée au TAS. En principe, ce recours n’est pas suspensif : la sanction continue de s’appliquer pendant la procédure.

La révision de la sentence

Si des faits ou des preuves décisifs, inconnus pendant l’arbitrage, sont découverts après coup, il est possible de demander la révision de la sentence.

C’est aussi le cas si la décision a été influencée par une infraction pénale, comme l’usage de faux documents ou un fait de corruption.

Cette demande est également portée devant le Tribunal fédéral suisse (article 190a de la LDIP). Enfin, dans de rares cas, la Cour européenne des droits de l’homme peut ensuite être saisie contre la Suisse.

Pourquoi faire appel à un avocat en droit du sport ?

Une procédure devant le TAS ne s’improvise pas. Les délais sont courts, les règles se trouvent dans des textes internationaux souvent rédigés en anglais, et les possibilités de recours ultérieurs sont très réduites. Tout se joue donc, le plus souvent, lors de la première procédure.

L’avocat en droit du sport intervient à chaque étape :

1 – Identifier la bonne juridiction. TAS, CNOSF, juge administratif ou juge judiciaire : le premier enjeu est de savoir devant qui porter le litige, et dans quel délai. Une erreur à ce stade peut rendre le recours irrecevable.

2 – Construire le dossier. L’avocat analyse les règlements de la fédération concernée, rassemble les preuves, sollicite le cas échéant des experts (médicaux, scientifiques) et rédige les écritures.

3 – Défendre à l’audience. Il représente le sportif ou le club devant la formation arbitrale, y compris devant les chambres ad hoc lors des grandes compétitions, où tout se décide en quelques heures.

4 – Prévenir les litiges. En amont, l’avocat vérifie et négocie les contrats (transfert, sponsoring, contrat de travail du sportif) et notamment les clauses désignant le TAS en cas de conflit.

Besoin d’un avocat en droit du sport ?

Vous êtes sportif, club, fédération ou agent et faites l’objet d’une sanction, ou souhaitez contester une décision devant le Tribunal arbitral du sport ?

Notre cabinet d’avocats à Lille et à Mérignies, dans la Pévèle, intervient en droit du sport pour vous conseiller et défendre vos intérêts, notamment devant les instances fédérales, le CNOSF, les juridictions françaises et le TAS.

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Maître SADEK, avocat en droit du sport, vous accompagne à chaque étape :

Avocat –  Mandataire sportif – Barreau de Lille
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