Résiliation de chantier sans mise en demeure : les risques
Le scénario est classique. Votre chantier s’enlise depuis des semaines, voire des mois. Excédé, vous faites constater les désordres, vous cessez de payer, et vous envoyez un courrier à l’entreprise pour lui signifier que c’est terminé. Vous pensez être dans votre bon droit.
Et pourtant, dans la grande majorité des cas, cette démarche se retourne contre vous. Voici pourquoi.
L’erreur que commettent la plupart des particuliers
Pour résilier valablement un contrat de travaux en application de l’article 1226 du Code civil, il faut impérativement adresser une mise en demeure préalable à l’entreprise, en lui laissant un délai raisonnable pour s’exécuter, et en mentionnant expressément que le contrat sera résilié si elle ne réagit pas.
Ces trois conditions sont détaillées dans notre article Résilier un marché de travaux : les 3 étapes à respecter impérativement.
Or, dans la pratique, beaucoup de particuliers passent directement du constat des désordres à la notification de la résiliation, sans cette étape intermédiaire. Ils pensent, à tort, que l’évidence des malfaçons ou l’ampleur des retards suffit.
Le juge vérifie d’abord la procédure, pas le fond
C’est l’un des aspects les plus déroutants du contentieux de la construction pour un non-juriste. Même si les malfaçons sont incontestables, même si le chantier est à l’arrêt depuis des mois, le juge commence toujours par vérifier que la procédure de résiliation a été respectée.
Si la mise en demeure fait défaut, ou si elle ne remplit pas les conditions de l’article 1226, le tribunal peut écarter l’ensemble de vos demandes. Cela inclut la restitution des acomptes que vous avez versés.
L’émotion légitime que suscite un chantier en déroute ne remplace jamais la rigueur juridique.
Résilier ne signifie pas récupérer automatiquement son argent
C’est l’idée reçue la plus répandue : « si je résilie, je récupère mes acomptes ». La réalité juridique est toute autre.
Lorsque les travaux ont été partiellement réalisés et qu’ils présentent une certaine utilité, la résiliation ne produit d’effets que pour l’avenir. Cela signifie que les sommes versées en contrepartie de travaux effectivement réalisés ne vous seront pas forcément restituées.
Le raisonnement du juge est logique : si l’entreprise a coulé les fondations, monté les murs et posé la charpente, ces prestations ont une valeur. Vous ne pouvez pas exiger le remboursement intégral de ce que vous avez payé pour des travaux dont vous conservez le bénéfice.
Résultat possible : un chantier inachevé, aucun remboursement, et parfois une condamnation aux frais de procédure. Ce scénario est bien plus fréquent qu’on ne le croit.
Un débat fréquent mais souvent secondaire : obligation de moyens ou de résultat ?
Dans certains litiges, l’entreprise tente de se défendre en soutenant qu’elle intervenait comme maître d’œuvre, c’est-à-dire en conseil et supervision, avec une simple obligation de faire de son mieux et non comme entrepreneur tenu de livrer un ouvrage conforme.
Ce débat, pour intéressant qu’il soit, devient souvent accessoire quand la résiliation a été engagée sur le fondement de l’article 1226. Car la première question que pose le juge n’est pas « l’entreprise a-t-elle commis une faute ? », mais bien « la procédure de résiliation a-t-elle été respectée ? ».
Si la mise en demeure, le délai raisonnable et la mention de résiliation font défaut, la discussion sur la gravité des fautes n’a même plus lieu d’être.
En cas de litige : pourquoi se faire accompagner ?
Une résiliation mal maîtrisée expose le maître d’ouvrage à un contentieux complexe. En droit de la construction, les litiges sont souvent techniques, longs et coûteux.
Un accompagnement juridique permet notamment :
- d’identifier les fondements juridiques pertinents (responsabilité contractuelle, garanties légales),
- d’anticiper ou d’organiser une expertise judiciaire,
- de chiffrer précisément les préjudices,
- et de sécuriser la procédure devant le tribunal.
Notre accompagnement à Marcq-En-Barœul et à Mérignies
Notre cabinet d’avocats en droit de la construction, implanté à Marcq-En-Barœul, près de Lille, et à Mérignies (Pévèle), vous accompagne en cas de litige.

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Maître Morgane KUKULSKI
Avocat en droit de la construction – Barreau de Lille
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