Erreur de virement bancaire : qui est responsable ?
En droit français, une erreur de virement bancaire se produit lorsqu’un transfert de fonds est effectué à un bénéficiaire autre que celui prévu, pour un montant incorrect, ou à une finalité différente de l’intention du donneur d’ordre. Cette situation peut résulter d’une faute, d’une confusion ou d’informations erronées au moment de l’exécution du virement.
L’article L. 133-3 I du Code monétaire et financier précise qu’une opération de paiement consiste à transférer ou à retirer des fonds, indépendamment de toute obligation sous-jacente entre le payeur et le bénéficiaire.
Exemples d’erreurs courantes :
- Saisie incorrecte de l’IBAN
- Montant erroné
- Confusion sur l’identité du bénéficiaire
💡 Jurisprudence : on distingue l’erreur matérielle (ex. : inversion de chiffres dans l’IBAN) de la fraude, cette dernière n’étant pas assimilée à une simple erreur.
Les acteurs et leur responsabilité
La banque (prestataire de services de paiement)
La banque peut être tenue responsable dans plusieurs cas :
- Opération non autorisée ou mal exécutée : elle doit rembourser le client et rétablir son compte selon les articles L. 133-18 à L. 133-24 du Code monétaire et financier.
- Erreur dans l’exécution : si l’ordre est mal traité, la banque engage sa responsabilité.
- Manquement à son obligation de vigilance : elle doit détecter toute anomalie apparente et vérifier l’identité du donneur d’ordre.
- Limite : si l’erreur provient d’un IBAN incorrect fourni par le client, la responsabilité de la banque est écartée (article L. 133-21 CMF, confirmé par la Cour de cassation).
Le donneur d’ordre
Le donneur d’ordre peut être responsable :
- S’il fournit un identifiant unique erroné.
- S’il est à l’origine de l’erreur.
Dans ce cas, il peut demander à la banque de lancer une procédure de « recall », afin de récupérer les fonds auprès de la banque du bénéficiaire. Le succès de cette procédure dépend de la coopération du bénéficiaire et de sa banque.
Le bénéficiaire
Le bénéficiaire n’est généralement pas responsable, sauf s’il reçoit les fonds par erreur et refuse de les restituer alors qu’il n’existe aucune cause légitime pour conserver l’argent.
Dans ce cas, il peut être contraint de restituer la somme, au besoin par une action judiciaire en répétition de l’indu (articles 1302 à 1302-3 du Code civil).
Règles de la responsabilité bancaire
Le Code monétaire et financier encadre strictement la responsabilité en cas d’erreur de virement, notamment via les articles L. 133-18 à L. 133-24.
Ce régime :
- S’applique aux opérations de paiement non autorisées ou mal exécutées
- Est exclusif : il prime sur le droit commun de la responsabilité
Points clés :
- La banque du bénéficiaire n’est responsable que si une anomalie apparente existe.
- Si l’IBAN est incorrect, la banque du payeur doit tenter de récupérer les fonds via le « recall ».
- Les délais : l’action en restitution doit être engagée dans un délai maximum de treize mois (art. L. 133-24 CMF).
Jurisprudence récente
- Cass. com., 24 janvier 2018, n° 16-22.336 : la banque n’est pas responsable si l’IBAN fourni par le client est incorrect.
Principe confirmé : la banque n’a pas à vérifier l’opportunité ou la finalité de l’opération, sauf anomalie apparente.
Que faire en cas d’erreur de virement ?
- Contacter immédiatement votre banque
- Demander l’activation de la procédure de « recall »
- Envoyer une mise en demeure au bénéficiaire si nécessaire
- Consulter un avocat spécialisé en droit bancaire pour sécuriser vos droits
Plus l’action est rapide, plus la récupération des fonds est probable.
Conclusion
La responsabilité en cas d’erreur de virement bancaire est strictement encadrée :
- Banque : responsable si l’erreur vient de son exécution ou de son manque de vigilance
- Donneur d’ordre : responsable si l’IBAN ou le montant est incorrect
- Bénéficiaire : doit restituer les fonds reçus par erreur, sauf cause légitime
Pourquoi faire appel à un avocat en droit bancaire ?
Face à une erreur de virement bancaire, l’accompagnement d’un avocat en droit bancaire permet de sécuriser rapidement vos démarches et d’optimiser les chances de récupération des fonds.
Il peut intervenir auprès de la banque afin de contester l’exécution du virement, solliciter une procédure de « recall » ou engager des démarches amiables auprès du bénéficiaire des fonds ;
En cas d’échec ou de refus de restitution, il vous assiste dans le cadre d’une procédure judiciaire afin de faire reconnaître les responsabilités et obtenir le remboursement des sommes indûment transférées.
Notre cabinet d’avocats à Lille et Mérignies en Pévèle vous accompagne pour sécuriser vos engagements de caution bancaire, faire valoir vos droits et assurer votre défense en cas de litige avec un établissement bancaire.

Maître SADEK, avocat en droit bancaire, vous accompagne à chaque étape de la procédure :
Avocat en droit bancaire – Barreau de Lille
Cabinet situé à proximité de Lille et à Mérignies, en Pévèle
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